Humanité 18 décembre 2008
Fédération. Différents courants antilibéraux et écologistes se sont rassemblés, hier, en vue de créer une nouvelle formation politique.
Après leur réunion du 13 décembre qui en annonçait la création, à deux pas du congrès du PCF, les initiateurs d’une « fédération de citoyens et de forces pour une alternative sociale et écologique » en ont officialisé la naissance, hier, à Paris. Celle-ci rassemble entre autres les « communistes unitaires » autour de Patrick Braouezec, Pierre Zarka, Gilles Alfonsi, etc., les Alternatifs, des militants des ex-collectifs antilibéraux comme Yves Salesse et Clémentine Autain, des écologistes et des Verts critiques à l’instar de Martine Billard. Les militants du courant « Unir » de
Un pied dedans, un pied dehors : si personne ne quitte « pour le moment » sa formation politique, a déclaré la députée communiste Jacqueline Fraysse, la fédération a vocation à déboucher « assez vite » sur une « future force politique », complète la députée Verts Martine Billard. « Il est de bon ton de se moquer de l’éparpillement des forces à gauche du PS. Nous voulons faire un premier pas dans le regroupement des forces pour dépasser cette situation », a assuré la députée Verts.
Dans leur appel, les initiateurs de la fédération estiment que « la création du Nouveau parti anticapitaliste et celle du Parti de gauche témoignent des recherches existantes, mais ne permettent pas de créer le cadre commun que nous appelons de nos vœux » car « aucune structure existante ne peut à elle seule faire bouger les lignes et rassembler autour d’elle toutes les forces de la gauche d’alternative ». Pour l’instant, ni le NPA de Besancenot ni le PG de Mélenchon n’ont décidé de s’inscrire dans un tel rassemblement. Quant au PCF, tout en affirmant sa volonté de travailler à « des cadres, des fronts, des alliances », avec comme objectif immédiat les européennes, son congrès a décidé à une forte majorité de poursuivre le PCF en le transformant plutôt que d’engager « la constitution d’un autre parti aux contours incertains ».
La forme retenue de « fédération » entend contourner ces obstacles, en se voulant une « passerelle » entre « les identités et cultures politiques » sans les renier, selon Pierre Zarka. Et laisse les « portes grandes ouvertes » à d’autres militants comme José Bové, explique Jacques Perreux, son ancien directeur de campagne à la présidentielle. Le premier test sera bien évidemment les européennes. Pour l’instant, la fédération se refuse à « dessiner des lignes de partage entre un pôle NPA et un pôle PCF-Parti de gauche ». « Rien n’est bouclé à ce stade, la seule exigence commune est d’avoir les listes les plus larges pour rassembler toute la gauche de gauche », déclare Gilles Alfonsi.
Sébastien Crépel