LE MONDE POUR DIRECTMATINPLUS | 09.12.08 | 07h13 • Mis à jour le 09.12.08 | 09h17
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l faut un GPS perfectionné pour trouver son chemin à gauche. Au Parti socialiste, les défenseurs des positions traditionnelles l'ont emporté, autour de Martine Aubry, mais certains pourfendeurs de la "dérive libéral" qui a affecté ce parti, selon eux, au cours des dernières années, ont quand même préféré le quitter. Ils devraient s'allier avec les communistes aux élections européennes de juin 2009. Pendant ce temps, les trotskistes de
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La vérité est que la gauche est déboussolée par la crise dans laquelle sont entrées les économies occidentales et par les réponses que lui apportent des gouvernements de droite. Nicolas Sarkozy entreprend de relancer l'activité par la dépense publique sans trop se soucier des critères européens. Ses adversaires lui reprochent de ne pas aider davantage les ménages, mais, pour l'essentiel, cet investissement de l'Etat dans l'économie, après son engagement auprès des banques, leur rend difficile d'emboucher les trompettes de l'anti-libéralisme.
C'est pourtant sur ce terrain que la concurrence s'aiguise à gauche. L'idée de base est que la crise financière et, maintenant, la crise économique consacrent la faillite du système qui s'est développé dans les années 1980 et 1990. Le moment est propice pour réveiller une critique qui était moins convaincante quand la croissance tirait l'emploi et le pouvoir d'achat, même si cette prospérité relative se payait de délocalisations et de précarisation.
Comme le PS cherche toujours un compromis entre le réalisme économique et le progrès social, les concessions qu'il a faites à l'économie de marché sont retenues contre lui sur sa gauche, où on lui reproche d'être trop conciliant avec le capitalisme. Au centre, il est accusé de chercher à ménager les électeurs de l'extrême gauche, qui lui ont fait perdre la présidentielle de 2002 et dont il a besoin pour gagner en 2012. Pour résumer, Olivier Besancenot et François Bayrou n'ont pas grand-chose en commun, sinon de vouloir tous les deux "plumer la volaille socialiste", selon la vieille expression communiste.
Ils ne sont pas les seuls. Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, et Marc Dolez, député du Nord, ont claqué la porte du PS pour créer une nouvelle formation, le Parti de gauche (PG), dont le congrès fondateur est fixé à février 2009. En 2005, le sénateur Mélenchon avait fait campagne pour le non au référendum sur le traité constitutionnel européen. Il espérait devenir ainsi le candidat de la "gauche de la gauche" à la présidentielle de 2007, mais il n'avait pas réussi à convaincre ses partenaires communistes, trotskistes ou altermondialistes de le suivre. Aujourd'hui, il veut les rassembler sur des listes communes aux élections européennes.
Les seuls à envisager un accord avec le PG sont les communistes. Marie-George Buffet s'est prononcée pour un "front commun" avec l'élu de l'Essonne qui, depuis qu'il est sorti du PS, s'est inscrit au groupe communiste, républicain et citoyen du Sénat. Pour la secrétaire nationale du PCF (1,93% à l'élection présidentielle), tout élargissement de ses listes aux élections européennes est le bienvenu. Mais elle a déjà fort à faire avec son propre parti, dont le 34e congrès s'ouvre, jeudi, à
Patrick Jarreau