Le non gagne et après?

 

La montée du Non est clairement anti-libérale. Le référendum est le premier affrontement global entre le peuple - salariés, précaires, chômeurs, lycéens, étudiants, citoyens de tous âges et d’engagements divers - et le libéralisme.

 

 

 

Aujourd’hui, en prenant en compte les indécis, plus de 10 millions d’électeurs s’apprêtent à voter NON : des ouvriers, des cadres, des intellectuels... une majorité, disent les sondages, parmi les 25 - 65 ans.

 

 

 

Et ce, malgré les médias, l’Elysée, Matignon, l’UMP, le Medef, Bruxelles, les directions officielles du PS et des Verts, c’est-à-dire l’essentiel des forces institutionnelles. Le peuple acquiert son indépendance. En fait, comme dirait Raffarin, c’est « la France d’en bas » qui envoie balader la France du haut et tout son attirail d’interventions, et qui revendique une Europe de progrès et solidaire.

 

 

 

Avec les hommes et les femmes qui disent Non, nous  trouvons : le PCF, la LCR, les Alternatifs, l’appel des 200, la Fondation Copernic, Alternative Citoyenne, la CGT, la FSU, l’UNEF, SUD, la confédération paysanne, d’autres syndicalistes divers, des associations, Attac, une part croissante de l’électorat du PS et des Verts...

 

 

 

Autant d’organisations et personnes qui n’avaient pas ou peu l’habitude de se retrouver ensemble et qui mesurent qu’il y a plus de choses qui les rapprochent que de raisons d’être divisées.

 

 

 

Et loin de se fondre les unes dans les autres, toutes font l’apprentissage d’être à la fois elles-mêmes et ensemble.

 

 

 

Une nouvelle force, populaire et citoyenne, est en train de naître. C’est d’elle que l’avenir dépend. Si dans ces conditions le NON l’emporte, il faudra que les dirigeants européens revoient leur copie mais en discutant au grand jour avec les citoyens des différents pays et leurs organisations. Finie la constitution écrite en catimini par des « experts », dans le secret des lieux de pouvoirs. Ce sera un pas immense vers une Europe plus démocratique. Ce sera aussi un pas pour promouvoir une autre politique en France. Nous avons la force d’imposer concrètement une Europe de droits réels, qui étende le rôle des services publics, combatte les causes du chômage et la précarité.

 

 

 

C’est aussi une manière de tirer les leçons du passé.

 

 

 

Depuis 1981, nous sommes nombreux à être déçus après les victoires de la gauche et de ce qu’elle en avait fait.La question posée est de savoir si nous cherchons à aménager le libéralisme –ce qui  ce qui équivaut à un renoncement - ou si l’on construire une autre société fondée sur le progrès humain. Trois dimensions avaient manqué et elles commencent à bouger et peuvent encore bouger :

 

 

 

1) Le contenu antilibéraldes changements espérés n’était pas clair : ensemble, nous sommes en train de mettre en lumière que le choix est bien entre le « tout libéral » ou « la construction d’une avancée sociale et démocratique ». Nous faisons l’expérience qu’ensemble nous pouvons faire ce que les traditions politiques de délégation aux seuls partis n’avaient pas permis de faire. Nous pouvons nous retrouver pour passer du « NON au référendum » à « l’élaboration commune de solutions démocratiques ».

 

 

 

2) la satisfaction des besoins et le respect des droits deviennent davantage possible à faire reconnaître et peuvent être le nouveau moteur de toute la société.

 

 

 

3) L’expérience du Rassemblement est efficace lorsque nous sommes tous sur un pied d’égalité, sans que qui que ce soit ne cherche ni à dominer, ni « à tirer la couverture à lui ».

 

 

Il y a bien quelque chose de nouveau qui se passe.

 

 

 

Ce que nous faisons pour le référendum sur le projet de constitution européenne peut devenir le moyen d’agir pour imposer une réelle transformation sociale et politique. Les communistes ont des idées, des propositions qu’ils veulent verser dans le débat. Mais nous vous proposons, que vous soyez membres d’une organisation ou pas, de mettre en route des chantiers ou forums qui nous permettent, ensemble, de faire émerger de grandes exigences de transformation sociale et démocratique, qui deviennent incontournables et qui soient portées dans toute la vie politique, y compris lors des moments électoraux... et après.

 

 

 

C’est le moyen que celles et ceux qui sont habituellement sans pouvoirs de s’imposer et se fassent respecter. C’est vraiment le moyen de faire tout de suite reculer le pouvoir, droite et Medef réunis.

 

 

Dès le mois de juin, les communistes du département vous invitent à commencer à construire ensemble une alternative à gauche.

Paru dans Point Infos Bondy n°8, mai 2005.

 

 

Dernière mise à jour de cette page le 19/03/2008