NOUVELOBS.COM | 21.06.2008 | 15:51
Selon un sondage Ifop, 53 % des Français auraient voté contre le texte si un référendum avait eu lieu en France. Le traité dont l'avenir est compromis après le "non" irlandais a déjà été ratifié dans l'hexagone.
Les Français
rejetteraient le traité de Lisbonne pour une solide majorité (53 %), soit la
même proportion qu'en Irlande, si un référendum avait lieu dans le pays, selon
un sondage Ifop à paraître dimanche 22 juin dans le quotidien Sud-Ouest.
Le président
Nicolas Sarkozy, voulant éviter une défaite du "oui" dans la ratification de ce
mini-traité obtenu à l'arrachée au début du deuxième semestre 2007, avait
préféré la voie parlementaire. Il avait ainsi été ratifié le 14 février dernier
par la
France.
En mai 2005, pour la ratification du Traité
établissant une Constitution pour l'Europe, le "non" l'avait emporté par 55 %
des voix, enterrant ainsi le projet issue de la commission présidée par l'ancien
Président français Valéry Giscard d'Estaing.
Cette fois encore, le "non"
aurait eu la préférence des Français. Il l'aurait emporté pas 53% contre 47% de
oui. Parallèlement, 33% des personnes interrogées ont indiqué qu'elles se
seraient abstenues.
"Persistance d'un
euro-scepticisme"
Pour Ifop, ce sondage
traduit "la persistance d'un euro-scepticisme" dans l'hexagone, et montre que le
décrochage entre les Français et la construction européenne perdure: 73% des
électeurs du oui et 72% des électeurs du non auraient renouvelé leur
vote.
57% des cadres et des professions intellectuelles auraient approuvé le
traité de Lisbonne en cas de référendum, alors que 72% des ouvriers et 63% des
employés l'auraient rejeté. Les communes rurales auraient voté "non" à 56 %,
tandis que le "oui" se serait imposé à 63% en agglomération parisienne.
Le
clivage gauche-droite autour de cette question reste également très net. 64% des
sympathisants de gauche (59% au PS) auraient voté "non", alors que 54% des
sympathisants de droite (71% à l'UMP) auraient approuvé la
ratification.
Sondage réalisé par téléphone les 19 et 20 juin
auprès d'un échantillon de 960 personnes, représentatif de la population
française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Notice détaillée auprès
de la commission nationale des sondages.