Changer ce monde parce qu’il est invivable.

Changer ce monde parce qu’il est invivable.

Dans quel monde vivons-nous?

Jamais l’humanité n’a eu autant les moyens de son bonheur : pour la santé, pour l’information, pour l’éducation, pour l’écologie, pour la connaissance réciproque des peuples...

Pourtant jamais autant de possibilités n’ont été gâchées :

- le continent africain meurt du SIDA alors que les entreprises pharmaceutiques pensent à leurs profits,

- l’effet de serre s’accentue alors que nous savons comment l’éviter, et menace l’existence même de l’humanité,

- le travail devient plus précaire alors qu’il pourrait être moins contraignant, plus intéressant, mieux rémunéré ; des plans de licenciements sont décidés par des patrons dans des entreprises  qui font d’énormes profits,

- alors que les possibilités d’échange, de solidarité et d’amitié se multiplient, les haines attisées par les enjeux économiques mondiaux et les stratégies de domination plongent le monde dans une période de guerre, d’incertitudes et d’instabilités dont les peuples font les frais,

- la dégradation de la qualité de vie, la mise à l’écart de la banlieue, se poursuivent, alors que les villes pourraient être agréables, et que les quartiers ont des richesses à montrer.

Comment en sommes-nous arrivés là? Comment en sortir?

Il y a une logique dans tout ça : celle du plus fort. C’est la domination du patron sur les salariés, des multinationales sur les économies des pays, des pays puissants sur les peuples voisins, ceux du nord contre ceux du sud, mais aussi des hommes sur les femmes, du racisme, de l’homophobie, etc.

Se libérer de ces dominations réclame d’agir, c’est ce que l’on appelle la “politique”. Nous revendiquons de faire de la politique. Dire que l’on ne peut rien faire, que cela ne sert à rien, reviendrait pour l’humanité à ne plus décider de son destin...  Pourtant, nous savons combien les « affaires », les promesses non tenues, la recherche de bénéfices égoïstes ont discrédité la politique.

Priorité pour le changement :  la démocratie

La première nécessité de tout changement est le développement de la démocratie le plus loin possible, dans tous les domaines. C’est pour nous la garantie que le changement n’échappera pas aux peuples.

Une démocratie participative doit permettre aux citoyens de donner leur avis, de décider et d’agir, à tout moment.

Les partis ont sans doute un rôle à jouer s’ils se mettent à la disposition des citoyens, mais les citoyens ne verront aucune amélioration s’ils attendent : la luttes les plus variées sont nécessaires : logement, droit des immigrés, emploi, salaires, santé, sécurité sociale, retraites...

Enfin, une vraie démocratie s’étend aussi à l’entreprise : les citoyens, les salariés, les élus doivent être plus représentés dans les entreprises, cela éviterait les licenciements “boursiers” ou des investissements hasardeux, censés rapporter plus que le travail productif.

Communistes?

Oui, nous pensons que la priorité du changement est la démocratie, et nous sommes communistes. Après la chute des régimes de l’URSS et d’Europe de l’Est, le communisme a-t-il encore un sens? Oui, nous le pensons. Justement parce que nous avons tiré, et voulons continuer à le faire, les leçons de cette expérience tragique qui a déformé, jusqu’à en prendre le contrepied, l’idéal communiste émancipateur auquel nous sommes profondément attachés.

Plus que jamais, nous nous définissons par le refus des inégalités et par la volonté de mettre en place une société de partage d’où les dominations aient disparu. Nous décidons justement de nous exprimer en tant que communistes pour proposer autre chose que la politique politicienne, et d’ambitions personnelles, refuser les compromissions avec le pouvoir sans renoncer à ce que les citoyens prennent le pouvoir pour mener une politique authentiquement à gauche. Nous revendiquons d’être la force qui combat chaque injustice et participe à la construction d’une société où l’homme ne sera plus un loup pour l’homme, la force anti-précarité, la force du féminisme, la force de la solidarité internationale, la force qui combat toutes les discriminations...

Nous sommes motivés par la volonté d’obtenir tout ce qui peut aller dans ce sens, de la plus infime mesure jusqu’au changement le plus radical. C’est d’ailleurs seulement dans ce cadre que nous pouvons imaginer de participer à l’exercice du pouvoir : prendre nos responsabilités au coeur des instances de décision si c’est pour développer  tous les rassemblements nécessaires sur le terrain.

C’est sans doute ce qui a été l’échec de la gauche plurielle au gouvernement : ne pas s’attaquer assez aux dominations patronales, racistes, sexistes, ne pas étendre les droits au logement, à la santé, à l’éducation, à l’emploi…

Des mesures urgentes

La sécurité: nous pensons qu’il est urgent d’établir un dialogue sérieux dans les quartiers, d’intégrer les citoyens aux décisions, de développer le tissu associatif et le lien social. Plus généralement nous souhaitons que les services publics jouent un rôle déterminant, à commencer par la police et la justice, avec les moyens de travailler en amont sur la prévention. D’autres services publics doivent y contribuer à travers l’éducation, l’animation, la santé, le soutien à la formation, à l’emploi....

Les salaires et l’emploi : il est temps d’augmenter les salaires parce que le niveau de vie est insuffisant pour la France de 2004. Les CDD et l’intérim ne doivent pas remplacer l’emploi stable, des lois existent contre la multiplication des contrats de travail de courte durée, elles doivent être durcies.

L’école : elle doit former de futurs citoyens responsables et doués d’esprit critique. Parents, élèves, personnels, et citoyens doivent être mieux associés et consultés pour une transformation progressiste de l’école. Cela demande aussi que nous allions vers une gratuité réelle des études.

Le logement : il s’agit d’un droit fondamental, chacun doit pouvoir se loger décemment,  quels que soient ses revenus. A cette fin nous proposons la création d’un véritable service public national du logement.

La santé : l’Homme vit plus longtemps grâce aux progrès de la médecine et aux meilleures conditions d’hygiène. Tout cela a un coût, utile à la société, qu’il faut non seulement accepter mais développer pour garantir notamment le droit à vivre bien la fin de sa vie.

Participer aux luttes sociales nationales, redonner ses lettres de noblesse à l’activité politique, obtenir la démocratisation, ne pas limiter notre intervention à la gestion des moyens existants, lier les grands débats politiques et la reformation du lien social, voilà ce que nous voulons apporter à la vie politique.

Collectif Communiste de Bondy — novembre 2004

 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 31/03/2008